Rencontre

Comment la Chambre des Métiers et de l'Artisanat vous aide à reprendre une entreprise artisanale ?

Publié le 17 mars 2025 - Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

Pour ce 7e numéro de Rencontre avec, nous sommes partis à la rencontre de Nicolas SINOQUET, conseiller transmission reprise à la Chambre des Métiers et de l’Artisanat (CMA) Grand-Est. Avec lui, nous avons évoqué comment il accompagne les entrepreneurs dans leur projet de reprise d’entreprise.

Image 1
Image 1Crédits: DILA

« Reprendre une entreprise, c’est reprendre un savoir-faire, une clientèle, des salariés, un téléphone qui sonne. Le tout dans un nouvel élan, une nouvelle énergie. La reprise est à mon sens un formidable accélérateur de développement ! »

Nicolas Sinoquet, conseiller transmission reprise à la CMA Grand-Est.

Dans quels cas une personne peut-elle se tourner vers vous pour son projet de reprise ?

Nous accompagnons 2 types de repreneurs :

  • les primo-repreneurs : souvent des personnes en reconversion (notamment des cadres) ou des salariés du métier. En effet, pour les petites structures, la bonne maîtrise de la compétence technique importe autant, si ce n’est plus, que le montant de l’apport pour concrétiser son projet (coiffeurs, bouchers, bâtiment…) ;
  • les dirigeants déjà installés souhaitant développer leur activité via une croissance externe, sur leur cœur de métier ou sur un métier connexe.

Nous accompagnons le repreneur à toutes les étapes afin de sécuriser son projet :

  • l’entreprise ciblée est-elle au bon prix ?
  • quelle forme juridique choisir ?
  • quelles sont les aides possibles ?

Certains repreneurs, plus avancés dans leur réflexion, viennent nous voir pour un avis neutre. La pluralité de points de vue est toujours bienvenue pour sécuriser le projet.

Quels sont vos principaux accompagnements ?

Selon le stade d’avancement du projet, nous allons aider le repreneur à :

  • cibler une entreprise grâce à de la veille sur nos bases de données de cédants, comme Transentreprise, et le cas échéant, faire une mise en relation avec un engagement de confidentialité de la part du repreneur ;
  • réaliser un prévisionnel et placer le repreneur dans la peau d’un chef d’entreprise. L’objectif est de rationaliser le prix, s’assurer que le plan de financement est équilibré et que l’entreprise sera en mesure de rembourser l’emprunt mobilisé ;
  • monter des dossiers de financements et/ou d'aides auprès des partenaires de la création/reprise comme le prêt à taux 0 d’Initiative France et les dossiers de démission-reconversion (France Travail) pour les personnes ayant été salariées plus de 5 ans.

Nous informons également les repreneurs sur des points d’attention comme :

  • veiller au respect de la qualification professionnelle notamment si l'activité envisagée est réglementée ;
  • veiller au mode transmission : parts sociales ou fonds de commerce, les implications sont différentes (étude de la cible, le montage du dossier de reprise) ;
  • veiller à la validité du bail commercial : le local commercial est un élément central d’une entreprise, et il faut s’assurer que le repreneur pourra continuer d’exercer son activité dans les mêmes conditions (de loyer, notamment). Or, au moment de la transmission, beaucoup de baux n’ont pas été resignés et sont en « tacite reconduction », rendant le fonds de commerce difficilement vendable. 2 options : demander au cédant de signer un nouveau bail ou négocier directement avec le propriétaire des murs un projet de bail, annexé au projet de reprise, afin de rassurer les banques.

Avez-vous un exemple d’une entreprise accompagnée ?

Oui, en 2018, j’ai rencontré un dirigeant de 57 ans qui envisageait de céder son entreprise de plomberie-chauffage. Finalement, après un diagnostic et un temps de réflexion, il a préféré reporter pour mieux préparer sa transmission. Après la période Covid, il est revenu me voir dans l’objectif de vendre. Nous avons publié une annonce et des premiers contacts ont été établis. Parmi eux, un jeune auto-entrepreneur (micro-entrepreneur) de 25 ans, récemment passé en SARL pour son activité de plomberie chauffage.

Lors de leur rencontre, ces deux personnalités se sont vite très bien entendues. J’ai travaillé avec eux de concert pour mener à bien ce projet de transmission-reprise. Avec le repreneur, nous avons établi une première version du prévisionnel, validée ensuite par un expert-comptable pour avoir un second avis.

Le repreneur a recruté le cédant pour une durée de 6 mois afin de faciliter la reprise. Finalement, 4 ans plus tard, le cédant travaille toujours avec celui-ci et le repreneur m’a recontacté récemment pour reprendre une nouvelle entreprise afin d’étendre sa zone d’intervention.

Cet exemple n’est pas une exception. Il y a, dans le processus de reprise, une grande place faite à l’humain : la rencontre d’une carrière et d’un nouvel élan !

Pour échanger avec un conseiller

Conseillers-Entreprises.Service-Public.fr

Le service public d'accompagnement des entreprises

Voir aussi